Londres (AWP/AFX) – Les cours du pétrole se stabilisaient vendredi matin à Londres et à New York, au lendemain de plus hauts depuis un mois consécutifs à la baisse des stocks américains et à l’assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan.
Sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), un baril de «light sweet crude» pour livraison en février gagnait 10 cents à 96,72 USD vers 10H30 GMT.
Sur l’Intercontinental Exchange de Londres, un baril de Brent de la mer du Nord, pour livraison en février également, s’échangeait à 94,81 USD, en hausse de 3 cents.
Les cours avaient grimpé la veille à des niveaux plus vus depuis un mois: ils ont atteint 97,79 USD à New York, soit à 1,50 USD seulement du record historique de 99,29 USD atteint le 21 novembre.
A Londres, les prix s’étaient hissés jusqu’à 95,87 USD le baril.
«Les cours sont plutôt stables ce matin (vendredi), mais profitent encore des nouvelles de la veille sur les stocks américains et la géopolitique», résumaient les analystes de la maison de courtage Sucden.
Les réserves américaines de brut ont baissé de 3,3 mio de barils lors de la semaine achevée le 21 décembre, a rapporté le département américain de l’Energie (DoE) jeudi. Les analystes, qui tablaient sur une baisse limitée à 1,75 mio de barils, étaient loin du compte. Il s’agit de la sixième baisse hebdomadaire consécutive des réserves.
Préoccupés par la perspective d’un ralentissement de la demande pétrolière dans le sillage de l’affaissement prévu de l’économie des Etats-Unis, les opérateurs avaient récemment négligé la baisse continue des réserves américaines. Mais les inquiétudes sur la précarité de l’approvisionnement se sont de nouveau matérialisées jeudi.
Parallèlement, l’assassinat de Benazir Bhutto au Pakistan a donné un coup de fouet aux cours, en faisant revenir sur le devant de la scène le risque géopolitique.
«Le marché a intégré aux prix du pétrole une prime liée à la montée du risque géopolitique consécutive à l’assassinat de Mme Bhutto», soulignaient les analystes de Sucden. La disparition de Mme Bhutto suscite des inquiétudes sur la stabilité du Pakistan, seul pays islamique doté de l’arme nucléaire, au coeur d’une région déjà très instable.
Mais passée la réaction réflexe du marché, certains analystes tenaient à relativiser la portée de l’évènement.
«Les événements au Pakistan ont peu d’impact sur l’offre ou la demande de pétrole», explique Olivier Jakob, directeur du cabinet Petromatrix.
«Nous considérons qu’une prime de risque est justifiée en ce qui concerne les tensions entre la Turquie et les rebelles kurdes d’Irak, et en ce qui concerne le Nigeria, mais nous n’exagérerons pas la portée des événements au Pakistan», a-t-il ajouté.


